Et après, on fait quoi ?

Après la pluie

En quelques jours, ce qui semblait impensable la veille est devenu possible. Télétravail massif, réduction drastique des déplacements, modification profonde de nos modes de consommation… Ce qui était jugé impossible est, d’un coup, devenu nécessaire. Mais cette crise aura une fin dans 3, 6 mois, peut-être plus. Et après, on fait quoi ? Quelle sera notre vie après la pandémie ? Quelle vie voudrons-nous pour l’après ?

Quelles transformations ?

On ne peut pas le nier, depuis ce fatidique mois de mars 2020, les choses ne sont plus comme avant. Si la semaine ne commence plus vraiment le lundi et elle ne s’achève plus, non plus, le dimanche. Les jours se succèdent de manière beaucoup plus monotone. Une torpeur quasi permanente a remplacé le stress du matin. La fatigue du soir est beaucoup moins physique que nerveuse. Les journées, les semaines ne se déroulent plus avec le même cérémonial.

Les choses ont considérablement changé, en particulier pour tous ceux qui étaient appelés « actifs » avant la crise. Certains n’ont plus d’activité du tout. Il sont en chômage partiel ou leur activité est jugée non-essentielle à la vie de la Nation, ou encore, ils ont perdu leur clientèle. D’autres ont pu transformer leur activité, au moins partiellement, avec le recours massif au télétravail dans certaines entreprises, ou encore la livraison à domicile pour certains commerces, d’autres ont réussi une conversion de leurs outils de production. Certain, ont continué à travailler comme avant, ce sont en particulier les professionnels de santé, les boulangers, certains industriels… Enfin, pas tout à fait comme avant, il n’y a plus de bouchon sur le trajet ou moins de collègues à proximité ; le métier reste le même, mais les conditions de son exercice sont fortement perturbées.

Même les rapports familiaux sont transformés. On ne rend plus visites aux anciens de peur de les infecter. Les appartements sont remplis, en permanence, des personnes avec lesquelles on avait l’habitude de se croiser. Chaque membre du groupe vaquait à ses activités et seuls quelques points de « synchronisation » subsistaient dans la journée, tels les repas pris en commun ou une séance télé. C’est, pour beaucoup devenu très différent, on ressort plus facilement les jeux de société, on cuisine, on fait le ménage, on jardine, on bricole en commun selon les espaces dont on dispose.

Et que dire des interactions sociales ? Elles en ont pris un sale coup. Elles sont une des cause de la crise que nous traversons et elles en subissent de plein fouet les conséquences. Pour nous être trop embrassés, nous n’avons plus le droit de nous étreindre. On ne peut plus voir les amis, ni les collègues, encore moins les membres des associations ou des clubs… alors on se téléphone, on crée des groupes sur les réseaux sociaux. Mais on ne se voit plus, on ne fait plus d’apéros, plus de bouffes, plus de réunions, plus de sorties.

Économique, social, familial. Nos vies voient toutes leurs composantes perturbées. Pour le mieux ou pour le moins bien, on ne sait pas encore quantifier ni qualifier tout ces changements de manière précise.

Pour combien de temps ?

Plus les journées passent, nous sommes aujourd’hui le 7 avril, et plus il semble évident que la crise va durer longtemps. Le confinement est décrété depuis 3 semaines. Il est encore prévu pour durer officiellement une semaine. Il est très probable qu’il soit prolongé une nouvelle fois, au moins jusqu’à la fin du mois d’avril. Et même après le confinement, la crise ne va pas s’éteindre immédiatement. D’ailleurs on peut se poser la question de la sortie du confinement. Comment cela peut-il se passer ? On ne va certainement pas, sur un claquement de doigts, reprendre les routines, les activités, les modes de vie d’avant. Les interactions sociales seront probablement encore limitées, pour de longues semaines.

Il est difficile d’estimer le temps qui sera nécessaire à un retour à la normale. Il est même difficile d’imaginer un retour à ce qui était « normal » avant. Si un certain nombre de secteurs vont probablement redémarrer très vite, commerces, industrie, services. D’autre seront certainement plus long et plus difficile à remettre en route, l’enseignement par exemple ; mais également le secteur touristique, entre autres. De nombreuses questions viennent alimenter la réflexion sur le monde d’après.

Des bouleversements durables ?

Difficile de dire combien de temps cette crise va marquer notre vie et notre société. De même, on a du mal à imaginer quels seront les changements durables que cela va impliquer. Mais on peut au moins se questionner sur ce que l’on imagine souhaitable comme avenir ? Quelle vie après la pandémie de covid-19 voulons-nous ?

On a vu qu’il était possible de réaliser massivement du télétravail pour un certain nombre d’entreprises. Les impacts du télétravail sont énormes que ce soit sur la circulation ou sur l’environnement. Moins de voitures en même temps sur les routes signifie moins de bouchons, moins de pollution atmosphérique et moins d’accidents de trajets. De même, moins de bouchons implique une nécessité moindre de construire de nouvelles routes, cela implique une moindre imperméabilisation des sols, ce qui réduit le risque d’inondations. Nous devrons sérieusement étudier l’empreinte climatique et environnemental du télétravail, après la crise.

On a drastiquement freiné notre consommation. Les petits objets indispensables achetés goulument il y a peu, ne nous semblent plus si nécessaires aujourd’hui. On trie plus facilement, on se débarrasse du superflus, on recycle plus souvent, on fabrique nous-même, du pain, des masques… Quasi instantanément on est passé de la surconsommation à une plus juste consommation. Sera-t-on capables, après la crise, de limiter nos achats compulsifs ?

Réfléchir à la vie d’après la pandémie

Le flux d’information est devenu assez anxiogène. Certains continuent de s’y jeter avec boulimie, quand d’autres ont choisi de prendre plus de recul par rapport à cette masse d’infos souvent indigestes, souvent fausses, souvent contradictoires. Et pour compenser, on se replonge plus facilement dans les livres, on écrit plus souvent, on diversifie ses sources. Malheureusement, on constate dans cette première phase que l’on ne vérifie toujours pas correctement l’info. C’est un effort qu’il faut faire, si l’on veut prendre de bonnes décisions pour soi-même et collectivement.

Avec cette série d’articles sur la vie d’après la pandémie, je tente d’amorcer une réflexion. Et je ne sais pas où cela va me mener. Si vous voulez y participer, je vous donne rendez-vous sur le forum dédié. Aujourd’hui, mes idées ne sont pas encore très claires. Je ne sais pas où cela va me mener. Et d’ailleurs, je ne sais pas si cela va me mener quelque part. Mais je pense qu’il est nécessaire que nous prenions, individuellement et collectivement le temps de nous poser pour penser à demain.

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