Associations : à Vallauris on n’est pas aidés

Associations : à Vallauris on n’est pas aidés

Ce mercredi 28 mars, avait lieu à Vallauris le vote du budget primitif 2018. Mauvaise nouvelles pour les associations : le budget alloué aux subventions est en baisse de 3,5 %. Nous avions déjà un des montant de subvention le plus faibles par habitant : deux fois plus faible qu’à Antibes, trois fois plus faible qu’à Mouans-Sartoux, plus de quatre fois plus faible qu’à Cannes (source : https://www.economie.gouv.fr/cedef/chiffres-cles-budgets-collectivites-locales) !

Quand le maire annonce lors de la réunion du conseil municipal :

« [La ville] accorde 718000 euros à soixante-neuf associations. C’est un effort budgétaire considérable »

On ne peut que constater le côté dérisoire du soutien apporté aux associations. à Antibes, par exemple, ce sont des millions d’euros versés pour soutenir plusieurs centaines d’associations, qu’elles soient sportives, culturelles, sociales, environnementales ou de défense des traditions.

Pas d’effort pour faciliter la gestion et la promotion des associations

Pour les associations il est impossible d’avoir une visibilité claire des salles disponibles, du calendrier des manifestations.

Pour les particuliers il est impossible d’avoir accès à un annuaires des associations.

Quand la maire dit au conseil municipal :

« Nous soutenons le monde associatif »

Les associations constatent que les aides financières baissent, que les tracasseries administratives augmentent, que les initiatives ne sont pas soutenues, que les bénévoles ne sont pas reconnus. Et pourtant il existe un tissus associatif, qui, malgré tout cela continue à proposer des manifestations de qualité, des fêtes, des activités pour tous.

Tarification des interventions de la police municipale : une délibération dangereuse pour le monde associatif

Cette délibération vient ajouter des difficultés à la vie associative, contrairement à ce qu’a prétendu la maire lors du conseil municipal, cette délibération ne sécurise aucunement les associations, bien au contraire. Aucune disposition ne permet de se prémunir de l’arbitraire municipal. Cette délibération couvre les missions avec un intérêt privé. La maire a défendu l’idée que cela ne visait pas les « associations mairies ».

Les associations ne sont pas des établissements publics, elles sont donc directement visées par cette délibération.

La maire, n’a pas souhaité préciser ce qu’elle entendait par « association mairie », on n’a aucun moyen, actuellement de savoir comment seront discriminées les associations. Celles qui méritent et celles qui ne méritent pas d’être exemptées de cette tarification. on est en droit de craindre que seules les associations qui « plaisent au maire » ne seront pas impactées.

Pour lire la délibération :

NS 8 – TARIF D’INTERVENTION DES POLICIERS MUNICIPAUX DANS LE CADRE DES MISSIONS AVEC INTERET PRIVE ANNEXE

La démocratie selon M. C. élu FN

Démocratie

L’élu FN se prend les pieds dans la démocratie.

Lors du dernier conseil municipal de Vallauris, cet élu a interrompu à plusieurs reprises le début de la séance pour se plaindre de la présence d’un enregistreur de son et de la présence d’un photographe dans la salle. Il argumente sur le fait qu’il ne serait pas démocratique qu’un citoyen présent dans le public puisse enregistrer et diffuser les débats.

Morceaux choisis, à écouter sur youtube :

« Si c’est d’autres personnes [qu’un élu] dans la salle qui le fait […] je ne l’accepte pas. Cet appareil, soit on l’arrête ou sinon je vous dit, je préfère partir »

« Il y a un appareil ici et à chaque fois je le vois, moi ça ne me convient pas c’est pas la démocratie »

Réponse de la maire

« Je crois que c’est la démocratie dans la mesure ou c’est une séance publique »

Poursuite de l’élu FN

« Il n’y a aucune raison que quelqu’un enregistre s’il n’est pas élu »

Nouvelle remarque de la maire

« C’est une séance publique, donc c’est quand même compliqué d’interdire les enregistrements »

On peut déplorer la réaction de cet élu qui ne comprends semble-t-il pas ce qu’est la démocratie. Mais cet évènement montre aussi l’évolution des mentalités sur cette question de la diffusion des débats publics.

Il y a 3 ans la maire nous menaçait de porter plainte sur le même sujet, voir le détail dans les deux articles plus bas : « Le droit d’enregistrer et de diffuser les conseils municipaux » et « Enregistrement des conseils municipaux : la CNIL nous répond », aujourd’hui, c’est elle-même qui prend la défense publiquement de ce droit qu’ont les conseillers municipaux, mais aussi les membres de l’assistance, d’enregistrer et de diffuser les débats. Quelle satisfaction pour moi qui suis à l’origine de cette ouverture dans ma commune !

[…] Le principe de publicité des séances posé par l’article L. 2121-18 du même code, qui a conduit le législateur à prévoir la retransmission des séances par les moyens de communication audiovisuelle, fonde le droit des conseillers municipaux comme des membres de l’assistance à enregistrer les débats et à les diffuser, éventuellement sur un site internet. Ce droit reconnu par la jurisprudence administrative a conduit les juges à considérer comme illégale l’interdiction par le maire de procéder à un tel enregistrement dès lors que les modalités de l’enregistrement ne sont pas de nature à troubler le bon ordre des travaux de l’assemblée communale (CAA de Bordeaux, 24 juin 2003 n° 99BX01857 ; CE, 2 octobre 1992, commune de Donneville ; CE, 25 juillet 1980. M. Sandre).

Quand, à la fin de la réunion du conseil municipal, je suis allé expliquer à cet élu qu’il avait tort sur cette question. Il m’a répondu :

« Puisque vous insistez, je vais écrire au préfet »

Peut-être, celui-ci lui donnera-t-il une leçon de démocratie.

Je ne peux pas résister à la tentation de citer également ce même élu FN (à 4’45 » sur youtube).

« Je ne supporte pas […] qu’une personne qui n’est pas journaliste se promène dans la salle du conseil, continue à enregistrer et filmer »

En disant cela, il parlait du … photographe de nice-matin.

Le droit d’enregistrer et de diffuser les conseils municipaux

Enregistrement des conseils municipaux : la CNIL nous répond

Michelle S, ou les Malheurs du Sophisme

Capture d’écran du post facebook étudié, le nombre de sophisme employé y est conséquent.

L’approche zététique et les techniques d’autodéfense intellectuelle, dont je parlerai prochainement ici, sont des outils fort utiles pour décrypter le discours politique en particulier. Il est, par exemple, assez amusant de chercher les sophismes dans les déclarations d’hommes et de femmes politiques.

Je ne résiste pas au plaisir de décrypter ceux de la maire de ma commune. Attention c’est un festival.

Présentation des sophismes employés

Sophisme de l’attaque personnelle (argumentum as personam)

Dans une argumentation, l’argumentum ad personam désigne une attaque personnelle portée par l’une des parties à la partie adverse sans rapport avec le fond du débat.

Dans son opuscule L’art d’avoir toujours raison, le philosophe allemand Arthur Schopenhauer recense cette technique sous le titre d’Ultime stratagème (à la fois dernier recensé et dernier recours) :

« Si l’on s’aperçoit que l’adversaire est supérieur et que l’on ne va pas gagner, il faut tenir des propos désobligeants, blessants et grossiers. Être désobligeant, cela consiste à quitter l’objet de la querelle (puisqu’on a perdu la partie) pour passer à l’adversaire, et à l’attaquer d’une manière ou d’une autre dans ce qu’il est : on pourrait appeler cela argumentum ad personam pour faire la différence avec l’argumentum ad hominem. Ce dernier s’écarte de l’objet purement objectif pour s’attacher à ce que l’adversaire en a dit ou concédé. Mais quand on passe aux attaques personnelles, on délaisse complètement l’objet et on dirige ses attaques sur la personne de l’adversaire. On devient donc vexant, méchant, blessant, grossier. C’est un appel des facultés de l’esprit à celles du corps ou à l’animalité. Cette règle est très appréciée car chacun est capable de l’appliquer, et elle est donc souvent utilisée. La question se pose maintenant de savoir quelle parade peut être utilisée par l’adversaire. Car s’il procède de la même façon, on débouche sur une bagarre, un duel ou un procès en diffamation. »

Dans le cas présent nous avons :

  • Habitué des revirements, fidèle à son besoin d’exister par tous les moyens […]
  • […] semble vouloir cumuler les mauvaises images
  • TOUS LES MOYENS SONT-ILS ACCEPTABLES POUR EXISTER POLITIQUEMENT , MÊME CEUX QUI TRAHISSENT LA CAMPAGNE MUNICIPALE ?
  • Ce n’est pas l’idée que je me fais du politique qui doit rester digne, fidèle à ses convictions et respectueux des électeurs qui ont voté pour lui.

Sophisme de l’homme de paille (l’épouvantail)

L’épouvantail est un sophisme qui consiste à présenter la position de son adversaire de façon volontairement erronée. Créer un argument épouvantail consiste à formuler un argument facilement réfutable puis à l’attribuer à son opposant.

  • Mr Falcou […] a de nouveaux amis
  • Mr Giraud, 1er adjoint dans l’ancienne municipalité pour qui il fait désormais de la publicité.
  • Mr Falcou cautionne par ce rapprochement la gestion calamiteuse de l’ancienne majorité avec : mise en réseau d’alerte, emprunts toxiques, contrats honteux aux tarifs inacceptables de l’eau et du stationnement, Sophipolis etc […]

Les sophisme de la culpabilité par association

Les sophismes par association sont une famille de sophismes qui consistent à faire remarquer que deux éléments B et C ont un point en commun A pour affirmer que la caractéristique de C serait partagée avec B. La plupart du temps le point en commun est un élément du discours ou des croyances.

On parle de déshonneur par association ou de culpabilité par association si l’association vise à diffamer ou décrédibiliser une personne. Dans le cas contraire, si l’association est faite dans un but apologétique, on parle d’honneur par association.

  • Mr Falcou cautionne par ce rapprochement la gestion calamiteuse de l’ancienne majorité
  • un autre ami qu’il affiche de la même manière. Circule le partage par ce Monsieur d’un post peu respectueux de l’image de la journée des droits des femmes , donc de la femme.
  • Mr Falcou semble vouloir cumuler les mauvaises images.

Le sophisme du mensonge

Une contre-vérité absolue répétée sciemment comme étant un fait absolu

  • Mr Falcou (élu municipal d’opposition gauche)
  • Habitué des revirements

Le sophisme de l‘affirmation du conséquent

L’affirmation du conséquent est un sophisme formel par lequel on considère une condition suffisante comme une condition nécessaire. On traite alors une implication logique comme si elle était une équivalence logique.

  • […] d’un post peu respectueux de l’image de la journée des droits des femmes, donc de la femme

D’autres sophismes et arguments fallacieux sont présents dans ce texte. L’objectif n’est pas l’exhaustivité, mais la mise en lumière de ce que sont les pratiques de certains politiques quand ils sentent qu’ils perdent pied, quand leurs adversaires leur font peur.

Les sophismes : quelles conséquence pour le débat démocratique ?

L’emploi des sophismes et des argument fallacieux en général dans le discours politique est malheureusement encore trop fréquent.

Outre le fait que l’objectif est essentiellement de nuire à son adversaire, plutôt que de discuter des arguments ; cela donne une image dégradante de la politique. Les citoyens ne peuvent que se sentir les dindons de cette farce rhétorique. Et au final cela ne trompe personne.

La maire de ma commune est coutumière de cela, préférant attaquer les personnes plutôt que leurs idées. Et même quand elle attaque les idées, c’est après les avoir travesties.

Le débat démocratique s’en trouve affaibli laissant la place à tous les populismes. Ces pratiques, d’un autre age font le lit des extrémismes. Je les dénonce fermement.

Et pour paraphraser les dernières phrases de la maire de ma commune, ce n’est pas l’idée que je me fais du politique qui doit rester digne en débattant sur les idées sans attaquer les personnes. Tous les moyens sont-ils acceptables pour survivre politiquement, même ceux qui trahissent la raison ?

Capture d’écran du post facebook étudié, le nombre de sophisme employé y est conséquent.
Capture d’écran du post facebook étudié, le nombre de sophisme employé y est conséquent.

P.S. – J’ai laissé, sur la capture d’écran, les commentaires de l’adjointe au social de ma commune car ils procèdent de la même méthode ; elle travestit des propos humoristiques qui dénoncent justement la banalisation de la journée internationale des droits des femmes, en tentant ainsi de faire dire l’exact opposé de ce qui est dit.

Je vous laisse juge.