Sécurité vs liberté : quelles limites ?

sécurité vs liberté

A Vallauris, l’adjoint à la sécurité fait du zèle.

Le devoir du maire d’une commune est de s’assurer de la sécurité de ses administrés, personne ne conteste cela. Je vais donc faire un point sur ce qu’il s’est réellement passé le 23 mars dans l’avenue de Cannes.

En début de soirée, la police municipale est bien venue à ma rencontre pour me reprocher de ne pas avoir prévenu de l’organisation des « 4 saisons de l’avenue de Cannes ». Cependant quand l’agent a pris connaissance du contenu de la « manifestation » en question il n’a pu que nous souhaiter une bonne soirée. En effet, cette soirée, calquée sur les premiers jeudis du collectif 46-48, propose une fois par saison l’ouverture en nocturne des ateliers, galeries, boutiques de l’avenue de Cannes à Vallauris.

Faut-il déclarer une ouverture tardive ?

Les commerces, ateliers, galeries sont-ils tenus de déclarer une ouverture tardive ? Oui, si celle-ci dépasse minuit trente d’après le règlement municipal de Vallauris. Or, dans le cas des 4 saisons de l’avenue de Cannes, la fermeture était programmée à 22h30, soit deux heures avant l’horaire règlementaire. Il n’y avait donc pas d’obligation déclarative.

D’ailleurs, l’adjoint à la sécurité de la commune n’est pas revenu sur cette question. Non, au lieu de cela il a préféré adopter une posture intenable que ce soit d’un point de vue légal, d’un point de vue économique, d’un point de vue équité, ou encore d’un point de vue pragmatique.

Que nous est-il reproché ?

L’adjoint à la sécurité nous le précise par voie de presse. On aurait pensé qu’il nous contacte directement, non c’est en se servant de la presse qu’il entend régler ses comptes. Espérant peut-être ainsi nous intimider.

« Cette manifestation avait engendré des déplacements à pied d’un lieu à l’autre. Dans ces conditions, le périmètre aurait dû faire l’objet d’une demande et d’une sécurisation […] avec notamment la mise en place d’un dispositif adapté. »

Cette déclaration à elle seule mérite une analyse.

Les déplacements à pied sont-ils règlementés ? Non bien sûr, d’ailleurs il n’est qu’à voir le nombre de personnes drainées dans cette même avenue lors du marché du dimanche matin à l’école Langevin. C’est sans aucune commune mesure avec ce que qui s’est passé pour les 4 saisons de l’avenue de Cannes. Or, le marché du dimanche matin n’a aucun dispositif adapté, ni sécurisation. Il n’y à même pas de dispositif pour éviter les accidents de la circulation, l’avenue n’étant pas rendue temporairement piétonnière.

D’ailleurs, quelle « sécurisation » pourrait bien être efficace contre un risque terroriste, puisque c’est bien de cela qu’il semble s’agir ?

Et puis, n’est-ce pas le propre d’une rue commerçante que de voir des piétons passer d’une boutique à l’autre ?

Tracasseries à n’en plus finir pour quel objectif ?

Lors du dernier conseil municipal (voir l’article : La démocratie selon M. C. élu FN ), la maire de Vallauris s’est longuement répandue sur tout le bien qu’elle a fait aux artistes.

Vous pouvez l’entendre à partir de 42’52 »

« La culture est au plus haut. Si les artistes sont là c’est parce que nous les avons fait venir. Toute la communauté [sic] qui est là, c’est pas l’opération du Saint Esprit ! C’est nous qui avons travaillé »

Et plus loin à partir de 46’58 :

« Nous reprocher de pas faire assez pour les artistes ! Alors là ça va bien amuser mes collègues. C’est nous qui les avons fait venir, c’est nous qui avons trouvé des solutions […] »

Alors, Madame le maire, Monsieur l’adjoint à la sécurité, pourquoi entraver les initiatives de ces mêmes artistes, que vous dites aimer tant, quand il essaient de dynamiser un coin de la ville complètement laissé pour compte ?

Intimidation sous couvert de pédagogie : le mauvais choix de l’adjoint à la sécurité

Que la mairie décide de faire un rappel des bonnes règles à adopter afin d’assurer la sécurité des personnes est tout à fait louable. Que ce rappel se fasse en se servant du prétexte des 4 saisons de l’avenue de Cannes est une mesure d’intimidation qui n’est basée sur rien de légal. J’aurais aimé que nice matin se rende compte de cela avant de publier cet article.

Manifestation publiques
Article de nice matin du 3 avril 2018

Associations : à Vallauris on n’est pas aidés

Associations : à Vallauris on n’est pas aidés

Ce mercredi 28 mars, avait lieu à Vallauris le vote du budget primitif 2018. Mauvaise nouvelles pour les associations : le budget alloué aux subventions est en baisse de 3,5 %. Nous avions déjà un des montant de subvention le plus faibles par habitant : deux fois plus faible qu’à Antibes, trois fois plus faible qu’à Mouans-Sartoux, plus de quatre fois plus faible qu’à Cannes (source : https://www.economie.gouv.fr/cedef/chiffres-cles-budgets-collectivites-locales) !

Quand le maire annonce lors de la réunion du conseil municipal :

« [La ville] accorde 718000 euros à soixante-neuf associations. C’est un effort budgétaire considérable »

On ne peut que constater le côté dérisoire du soutien apporté aux associations. à Antibes, par exemple, ce sont des millions d’euros versés pour soutenir plusieurs centaines d’associations, qu’elles soient sportives, culturelles, sociales, environnementales ou de défense des traditions.

Pas d’effort pour faciliter la gestion et la promotion des associations

Pour les associations il est impossible d’avoir une visibilité claire des salles disponibles, du calendrier des manifestations.

Pour les particuliers il est impossible d’avoir accès à un annuaires des associations.

Quand la maire dit au conseil municipal :

« Nous soutenons le monde associatif »

Les associations constatent que les aides financières baissent, que les tracasseries administratives augmentent, que les initiatives ne sont pas soutenues, que les bénévoles ne sont pas reconnus. Et pourtant il existe un tissus associatif, qui, malgré tout cela continue à proposer des manifestations de qualité, des fêtes, des activités pour tous.

Tarification des interventions de la police municipale : une délibération dangereuse pour le monde associatif

Cette délibération vient ajouter des difficultés à la vie associative, contrairement à ce qu’a prétendu la maire lors du conseil municipal, cette délibération ne sécurise aucunement les associations, bien au contraire. Aucune disposition ne permet de se prémunir de l’arbitraire municipal. Cette délibération couvre les missions avec un intérêt privé. La maire a défendu l’idée que cela ne visait pas les « associations mairies ».

Les associations ne sont pas des établissements publics, elles sont donc directement visées par cette délibération.

La maire, n’a pas souhaité préciser ce qu’elle entendait par « association mairie », on n’a aucun moyen, actuellement de savoir comment seront discriminées les associations. Celles qui méritent et celles qui ne méritent pas d’être exemptées de cette tarification. on est en droit de craindre que seules les associations qui « plaisent au maire » ne seront pas impactées.

Pour lire la délibération :

NS 8 – TARIF D’INTERVENTION DES POLICIERS MUNICIPAUX DANS LE CADRE DES MISSIONS AVEC INTERET PRIVE ANNEXE

Yarn bombing : le maire dit niet !

Le Yarn Bombing à Vallauris

À Vallauris, à peine deux jours après la première apparition de tricots, yarn bombing, autour d’un jeune platane, la mairie a envoyé la police municipale, pour sommer les installatrices de retirer leur décoration.

Cette installation avait été faite dans le cadre d’un projet global d’animation de quartier.

Les forces vives se sont regroupées pour proposer d’animer ce quartier dans lequel artistes, artisans, associations, commerces recommencent à s’implanter après de nombreuses années de morosité avait permis à de nombreux habitants de (re)découvrir les lieux sous un autre jour.

Au lieu de soutenir ces initiatives, madame le maire les entrave. Allant jusqu’à exiger des tracasseries administratives illégitimes pour « autoriser », l’ouverture des ateliers/galeries en nocturne, là ou le plus légalement du monde, le règlement municipal autorise une ouverture jusqu’à minuit et demi sans autorisation.

Qu’est-ce que le yarn bombing ?

Le yarn bombing ou tricot-graffiti ou encore tricot urbain ou tricotag (appelé aussi knit graffiti, knitted graffiti ou yarnstorm en anglais) est une forme d’art urbain ou de graffiti qui utilise le tricot, le crochet, ou d’autres techniques (enroulements, tissages, tapisserie, accrochages….) utilisant du fil.

Par essence, le yarn bombing est une forme d’art urbain intergénérationnel, non délétère pour la nature, non polluant. De nombreuses communes, en France et dans le monde, ont fait le choix de soutenir les initiatives de yard bombing, quand elles n’ont pas, elles-mêmes été à l’origine de certains projets : Angers, Muhouse, Evry, Paris …

Le Yarn Bombing c’est aussi le moyen de recycler et de redonner une nouvelle vie aux vieilles pelotes de laines qui trainent dans les greniers.

 

Avant, après intervention du maire, pklus de yarn bombing à Vallauris
Après l’intervention de la maire, les installatrices ont retiré leur création.

On peut légitimement se questionner :

  • quelle politique associative pour cette ville ?
  • quelle politique commerciale ?
  • quelle politique artistique ?

Quant à envoyer la police municipale  on peut se demander si elle ne serait pas plus utile sur d’autres actions que de surveiller si des citoyens passent dans le calme d’une boutique à l’autre !

Quelques exemples de villes ou le yard bombing est le bienvenu :

Allonger le temps … sans Einstein

Quand j’aborde la question de mes activités associatives,de  bricolage, administratives … une question revient souvent : « Comment fais-tu pour trouver le temps de faire tout ça ? »

J’ai bien quelques explications à fournir :

  • dilater de manière relativiste du temps ;
  • utiliser une machine à explorer le temps afin de rejouer certaines heures de la journée ;
  • être dans le film une journée sans fin ;
  • avoir volé le collier retourneur de temps d’Hermione Granger ;

Mais après avoir passé tout ça au rasoir d’Ockham, il ne reste pas grand chose de vraiment plausible.

Pourtant, la journée dure toujours 86 400 secondes. Et dans chacune de ces 86 400 secondes il est assez difficile de faire tenir beaucoup d’activités.

Alors certes, se lever tôt et se coucher tard, sont des facteurs qui accroissent la durée effective « occupable » d’une journée. Cependant ce n’est pas toujours suffisant.

Comme disait Gérard Majax en son temps « Y a un truc[1] » ; et se truc n’est ni magique, ni scientifique.

Ne vous attendez pas à la révélation du siècle, il s’agit simplement de faire des choix.

Comment j’ai procédé pour allonger mes journés :

Avant de me rendre compte que les faits-divers, l’acharnement médiatique et autres sujets d’actualité ne m’intéressaient absolument pas je regardais au moins deux fois le journal télé (midi et soir). -> gain 1h15 par jour. Je reviendrai dans un autre billet sur mon désintérêt pour l’actualité.

J’avais aussi la prétention de croire que j’étais vachement cultivé en regardant des candidats mal ou bien répondre dans des jeux de culture générale -> gain 45 minutes par jour

Et puis bon, le soir un bon documentaire ou un petit film sympa à sélectionner parmi un choix limité, donc en réalité pas du tout ce qui me plait le plus, mais plutôt ce qui me déplait le moins -> gain 1h45 par jour

Voilà pour le choix personnel 3 à 4 heures gagnées par jour en n’allumant tout simplement pas la télé.

Bon il faut avouer qu’il y a eu des gains qui n’étaient pas de mon propre chef. Avec le temps, il n’est plus devenu nécessaire d’accompagner les enfant à leurs diverses activités, c’est toujours quelques heures de gagnées par semaine.

Il y a encore tout un tas de choses que je juge inutiles et que je ne fais pas : laver la voiture, repasser mes caleçons, jouer à Candy Crush sur mon téléphone, …

Bien sûr les réseaux sociaux sont venus reprendre de la place et du temps, mais de cela j’ai déjà parlé. Et ce problème là semble être en passe d’être réglé pour un bon moment.

Alors, avec tout ce temps gagné – plus d’un quart d’une journée éveillée tout de même – il est devenu plus simple de :

  • participer à des réunions ;
  • organiser des évènements et des activités ;
  • passer du temps avec mes proches ;
  • lire ;
  • penser ;
  • donner des coups de mains ;
  • bricoler ;
  • passer du temps avec les amis ;
  • me détendre ;
  • … en fait la liste est très longue des choses que j’ai pu faire avec du temps gagné sur les futilités, vous savez c’est l’histoire du bocal rempli d’abord de gros cailloux, puis de gravier, puis de sable et enfin arrosé d’une bonne bière.

Bien entendu ce n’est pas une leçon de morale que je viens de vous donner, ni même très intéressant. Il s’agit simplement d’un « retour d’expérience personnelle », qui ne vaut que pour mon cas ; mais au moins ceux qui me posent cette question du temps libre ont-il une réponse.

Si je devais synthétiser, je dirais qu’employer son temps est principalement une question de choix personnels. Alors, à la remarque « je n’ai pas de temps pour faire ceci ou cela » je réponds souvent ; « bien sûr que tu as du temps … mais tu ne le sais pas »

  1. [1]1975 : Y’a un truc, avec Armand Jammot, édition Nathan