Comment éviter de se faire biaiser

De la croyance à la recherche de la vérité

En guise d’introduction, je vais vous parler de mon parcours personnel. Mon enfance, comme celle probablement de beaucoup d’entre nous, a été bercée par les affirmations souvent extraordinaires et invérifiables.

Il y a d’abord les personnages et concepts fantastiques : le Père Noël, la Petite Souris, le Petit Jésus qui voit tout qui sait tout, le Père Fouettard, le Petit Doigt qui raconte tout ce qu’on fait et le Diable. Tout un bestiaire d’entités improbables auxquelles on nous demande de croire et qui sont sensées avoir un impact réel sur nos vies.

Il y a ensuite les idées préconçues, les phrases toutes faites, les superstitions : le pain à l’envers sur la table qui porte malheur, la vie qui défile au moment de mourir, l’avenir qui appartient à ceux qui se lèvent tôt, les dentistes qui sont tous menteurs – comme des arracheurs de dents, la loi des séries qui provoque des accidents d’avions successifs, les écossais qui sont radins, les chats noirs, les échelles, …

Il y a aussi la messe, le catéchisme et les aventures extraordinaires d’un homme, fils de Dieu, doté de pouvoirs magiques.

Il y a enfin ces croyances dans des entités plus magiquement magiques, l’horoscope qui va te raconter ta journée à venir, les voyantes, les esprits, les points qu’il suffit de masser pour guérir de tous les maux.

Aujourd’hui je vous parle de tout cela avec des mots emprunts d’ironie, mais il faut se remettre presque 40 ans en arrière, à cette époque là, tous ces mystères m’inspiraient de la crainte, des angoisses, du respect voire de la dévotion.

La liste des choses que l’on m’a demandé de croire, sans preuve, ne s’arrête pas à ces quelques exemples, loin de là !

Et puis, au fil des lectures, au fil des réflexions, je me suis questionné sur le « comment » et non plus sur le « pourquoi ». J’ai commencé à me poser des questions de plus en plus sérieuses, de plus en plus précises pour lesquelles je n’arrivais pas à trouver de réponse satisfaisante.

Comment fonctionne la voyance, l’homéopathie, la télékinésie …

Comment les écossais peuvent-ils être plus radins que d’autres ? Quel est le procédé génétique sous-jacent ? Et d’ailleurs ça veut dire quoi radin ? C’est comme économe ? Ça à l’air pire, mais dans quelle mesure ?

Comment Adam et Eve ont-ils pu être les deux premiers occupants de la planète et que leurs fils se soient mariés avec des femmes ? Elles venaient d’où ?!

Bon à ce stade, je ne me posais déjà plus la question de l’existence du Père Noël, ayant déjà quelques années plus tôt reconnu un ami de la famille dans le déguisement. C’est peut-être d’ailleurs là, qu’inconsciemment le processus de doute c’est enclenché.

Au fil des questions, il me devenait de plus en plus évident qu’un certain nombre de choses avaient du mal à cadrer avec la réalité de ce que je pouvais observer. C’est à ce moment là qu’ont commencé les expériences folles, je suis passé sous un échelle, rien que pour voir, je n’ai plus fait de prière avant de me coucher, je n’ai plus lu l’horoscope du journal télé hebdomadaire … bref une vie de débauche et de mécréance s’ouvrait à moi ! Cooooool ! Je devenais sceptique. Non pas ce scepticisme absolu tel que Pyrrhon l’aurait enseigné à Élis et que la légende, peut-être une caricature forgée par ses détracteurs, décrit de la façon suivante :

« Sa conduite était d’accord avec sa doctrine : il ne se détournait, ne se dérangeait pour rien ; il suivait sa route quelque chose qui se rencontrât, charriots, précipices, chiens, etc. ; car il n’accordait aucune confiance aux sens. Heureusement, dit Antigonus de Caryste, ses amis l’accompagnaient partout et l’arrachaient au danger. »

fr.wikipedia.org/wiki/Pyrrhon_d’Élis

Non ! C’est à un scepticisme rationnel que je fais référence, à un doute raisonnable.

Cette longue introduction peut se résumer ainsi. Tout le début de mon existence a été guidé par l’acceptation de ce qu’on peut appeler des dogmes, qu’ils soient d’ordre religieux, traditionnels, mystiques, ésotériques, etc. desquels je n’ai pu me défaire qu’après un questionnement acharné. Et aujourd’hui, chaque fois qu’une information se présente à moi, je tente de l’analyser à l’aide d’un certains nombres d’outils afin d’en évaluer la validité, la pertinence.

Faut-il rechercher la vérité ?

Avant de travailler sur ce sujet, je me suis posé la question de son utilité. Ou plus précisément de l’utilité de rechercher la vérité.

Sortir d’une religion, comme je l’ai fait, ne pas croire au paranormal, chasser les clichés, douter des idées préconçues … est-ce bien cela la recherche de la Vérité ? Et surtout, est-ce bien utile de parler d’une démarche personnelle si elle n’est pas transposable, si l’idée même de la transposer n’est pas souhaitable ? Parce qu’après tout, chacun est libre de croire ou de ne pas croire. Ma démarche personnelle a-t-elle une portée universelle ? Encore des questions, toujours des questions !

Je n’ai pas de réponse ferme à proposer, mais j’ai la nette conviction que je vis mieux, je me sens plus libre, plus fort, depuis que j’applique cette démarche, cette méthode.

Et puis, avec l’avènement d’Internet en général et des réseaux sociaux en particulier, j’ai vu poindre un nouveau danger, de nouvelles craintes. La diffusion massive, massivement relayées, d’informations falsifiées, inventées, détournées avec pour but de nuire à des groupes humains (étrangers, cheminots, scientifiques …), à des institutions (Sécurité sociale, services publics , …) à la République elle-même … Il ne s’agit plus seulement de croire ou de ne pas croire à la Petite Souris.

Il s’agit de savoir si oui ou non on doit détruire le statuts des cheminots en basant les motivations sur des clichés, des arguments fallacieux.

Il s’agit de savoir si l’on doit craindre ou non un complot judéo-maçonnique ou illuminati en se basant sur des vidéos youtube.

Il s’agit de savoir si oui ou non il faut arrêter de vacciner ses enfants en s’appuyant sur des travaux « scientifiques » falsifiés.

Il s’agit de savoir si oui ou non la justice doit se faire en « Balançant Son Porc » sur twitter ou bien au travers de tribunaux républicains.

Il s’agit de savoir si en transmettant à tous mes contacts ce mail, je vais permettre oui ou non de sauver la petite Noélie de sa leucémie.

Et il y a encore des centaines d’exemples que je pourrais citer.

Alors, oui, je pense qu’il faut absolument rechercher la vérité, en permanence. Ou tout au moins avoir les outils pour exercer son esprit critique en toute circonstance, afin d’avoir un regard plus éclairé sur le monde.

Notre cerveau nous trompe

Il est beaucoup plus facile de croire que de douter. Et notre cerveau ne nous aide pas tellement pour trier le bon grain de l’ivraie, si l’on ne prend pas garde à l’équiper des bons outils.

La première étape consiste à se rendre compte que nos sens se laissent facilement tromper, c’est ce qu’on met en œuvre dans les illusions d’optique par exemple. Notre cerveau cherche à trouver du sens quitte à composer un peu avec la réalité. Une des manifestations les plus frappantes sont les paréidolies, qu’elles soient auditives ou visuelles, c’est cette faculté que l’on a à trouver des formes connues dans les nuages.

On a également les cécités dues aux surcharges cognitives.

On rencontre encore tout un tas de biais cognitifs qui perturbent notre jugement, par exemple le biais de confirmation d’hypothèse, qui nous fait rechercher tous les éléments qui viennent confirmer notre opinion, et qui nous fait ne nous souvenir que de ces éléments-là.

Dans la vie courante nous sommes souvent confrontés à un autre biais sensoriel, le système d’activation réticulaire, c’est le fait de voir partout une chose pour laquelle on a un intérêt particulier. Par exemple le nouveau modèle de voiture qu’on vient d’acquérir et qu’on voit partout alors que jusque là on ne l’avait jamais remarqué.

En fait, il y a une liste conséquente de biais cognitifs qui nous induisent en erreur dans notre interprétation du réel. On en trouvera un bonne description dans l’encyclopédie Wikipedia : fr.wikipedia.org/wiki/Biais_cognitif

Les autres nous trompent

Nos sens nous trompent, c’est un fait. Mais ce sont aussi nos interlocuteurs qui peuvent nous tromper volontairement ou non.

La seconde étape pour armer son jugement, consiste donc à savoir repérer les arguments fallacieux et les sophismes employés par la personne ou le média qui nous donne l’information, par notre interlocuteur. Le CORTECS (Collectif de recherche transdisciplinaire esprit critique & sciences) propose de nombreux articles sur les sophismes dont : Le sophisme ou encore Sophismes – une petite collection. Illustration de l’emploi de sophismes dans le discours politique : Michelle S, ou les Malheurs du Sophisme

Avoir connaissance de faiblesses cognitives que l’on a tous et des risques liées aux manipulations sophistiques que l’on peut rencontrer n’est pas suffisant. C’est un point de départ. Comme disait Churchill fin 1942 :

This is not the end, it is not even the beginning of the end, but it is perhaps the end of the beginning.

https://www.youtube.com/watch?v=pdRH5wzCQQw

Ce n’est pas la fin, ce n’est même pas le commencement de la fin, mais c’est peut-être la fin du commencement.

L’autodéfense intellectuelle passe aussi par la mise en œuvre d’une méthode dans l’appréhension du réel. En ayant connaissance des différents biais qui peuvent altérer notre jugement, il faut considérer humblement notre capacité immédiate à comprendre, interpréter et analyser une information. Nous avons tous des avis, mais fort peu d’expertise et il n’est pas grave de ne pas avoir d’opinion sur un sujet. Face à une information nouvelle, le premier réflexe à avoir si on n’a pas de compétence particulière, c’est de suspendre son jugement.

Ensuite, il va falloir se faire un peu violence pour aller chercher des informations fiables avant d’avoir une opinion qui, malgré tout, pourra évoluer au fur et à mesure que l’on complètera son expertise. S’informer fatigue. C’est donc une action volontariste et parfois difficile qu’il faut mettre en œuvre pour s’assurer de la validité d’une information.

Aborder le réel

On doit déjà postuler un certain nombre de choses avant de continuer à avancer, sans cela on ne pourra rien faire, on sera dans le domaine de la croyance et ce ne sera donc pas discutable :

  • le réel existe ;
  • le réel ne dépend pas de nous ;
  • notre seul accès commun à ce réel est la raison.

Ces postulats n’ont l’air de rien, ils semblent l’évidence, mais si on tente de s’affranchir de l’un d’eux on ne peut plus mettre aucune démarche en œuvre. À cela on peut ajouter, que des choses peuvent quand même exister sans que l’on en ait des preuves sensibles, c’est à dire accessibles par nos sens, directes, par exemple un personnage historique, les ondes infra-rouges, l’écholocalisaton des chauves-souris. Mais il faut quand même des faits de départ que cette hypothèse puisse expliquer et rendre prédictifs.

Un des outils majeurs de l’analyse d’une affirmation donnée est le rasoir d’Ockham, ou le principe de parcimonie. Guillaume d’Ockham est un philosophe du XIVe siècle qui a inspiré le personnage de Guillaume de Baskerville dans le Nom de la Rose d’Umberto Eco. Le principe qu’il a énoncé est limpide :

Pluralitas non est ponenda sine necessitate 

fr.wikipedia.org/wiki/Rasoir_d’Ockham

Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité.

Principe que l’on pourrait expliciter ainsi : avant de faire intervenir une nouvelle entité (surnaturelle), vérifions si le phénomène ne s’explique pas autrement, sans cette entité. Ou encore : il est logique de privilégier d’abord l’explication la plus simple, celle qui met en œuvre le moins de concepts nouveaux. Cela ne veut pas dire que l’explication la plus simple est vraie mais qu’il est raisonnable de la privilégier en premier lieu quitte à la réfuter plus tard. Le docteur House utilise ce principe dans ses diagnostiques, à voir l’épisode 3 de la saison 1 dont le titre est justement « Le Rasoir d’Ockham ».

Ce principe a par exemple été mis en œuvre pour tordre le cou aux prétentions de psychokinésie affirmées par Uri Geller. Uri Geller prétendait tordre des cuillères en métal par la force de sa pensée, alors qu’il préparait son matériel à tordre préalablement. Ou à celles de Peter Popoff, qui prétendait deviner les problèmes des gens présents dans une salle, alors que sa femme lui soufflait les informations dans une oreillette. Or, chaque fois, une explication qui mettait en œuvre moins d’entités nouvelles – que l’on pourrait appeler des pouvoirs paranormaux – était disponible. Il était donc raisonnable de la privilégier.

On peut également employer un autre outil pour se faire une opinion sur une affirmation : le curseur de vraisemblance. La première étape consiste ainsi à évaluer la vraisemblance d’une affirmation et en fonction de cette vraisemblance, la preuve doit être proportionnée.

Par exemple si j’affirme que j’ai vu un cheval ce matin, c’est trivial, cela ne génère que peu d’intérêt, le curseur de vraisemblance est à 100 % et donc vous ne me demanderez pas de preuve.

Si par contre j’affirme avoir vu un zèbre, l’intérêt est déjà plus fort, le curseur de vraisemblance tombe assez bas (Si ! Si ! Sous nos climats, sans cirque ou zoo à proximité c’est rare), vous aurez alors besoin d’une preuve ordinaire, une photo par exemple.

Si enfin j’affirme avoir vu une licorne, l’intérêt de cette affirmation est majeur (personne n’a jamais apporté la preuve de leur existence jusque là), le niveau de vraisemblance est quand à lui pratiquement à zéro (il ne peut jamais être à zéro, sinon c’est l’affirmation pure et simple de l’inexistence, cette position n’est pas rationnelle, car on ne peut pas apporter la preuve de l’inexistence de quelque chose), par contre les preuves devront alors être exceptionnellement fortes.

Ce curseur de vraisemblance peut être résumé ainsi :

  • à prétention extraordinaire, preuve plus qu’ordinaire (standard de Sagan) ;
  • à affirmation sans preuve, réfutation sans preuve (rasoir de Hitchens).

Dans notre appréhension d’un phénomène inconnu ou d’une affirmation Il existe trois postures logiques.

Soit on a des preuves, le curseur est alors à 100 % jusqu’à ce qu’un contre exemple vienne infirmer l’hypothèse.

Soit on n’a pas de preuve, le curseur est proche de zéro.

Soit on n’a pas assez d’information alors on doit suspendre notre jugement, ce qui ne correspond pas à un curseur à 50 %. En effet, si on a deux témoignages de personnes l’une croyant aux fantômes, l’autre n’y croyant pas il n’est pas rationnel de se mettre à 50 % de vraisemblance pour ce phénomène. C’est ce qu’on appelle l’effet bof.

Je pourrais encore dire de nombreuses choses sur ce qui nous permet d’armer notre esprit critique, par exemple savoir distinguer une théorie d’un scénario. L’une étant du domaine de la raison, l’autre du domaine de la croyance. On peut adhérer à une théorie, on ne peut que se contenter de croire à un scénario. La théorie est par essence réfutable « tous les cygnes sont blancs », cette affirmation pourra être réfutée au premier cygne noir. Alors qu’un scénario, porte en lui son irréfutabilité, il en va ainsi, par exemple, de la majorité des conspirationnismes. En effet, le raisonnement conspirationniste donne lieu à un débat inutile car la théorie du complot ne se prête pas à la réfutation : « l’imaginaire du complot est insatiable, et la thèse du complot, irréfutable : les preuves naïvement avancées qu’un complot n’existe pas se transforment en autant de preuves qu’il existe ».

Je pourrais aussi vous parler de la Maxime de Hume – philosophe écossais du XVIIIe siècle – qui disait :

« Aucun témoignage n’est suffisant pour établir un miracle, à moins que le témoignage soit d’un genre tel que sa fausseté serait plus miraculeuse que le fait qu’il prétend établir ; et même dans ce cas, il y a une destruction réciproque des arguments, et c’est seulement l’argument supérieur qui nous donne une assurance adaptée à ce degré de force qui demeure, déduction faite de la force de l’argument inférieur. »

cortecs.org/materiel/la-maxime-de-hume-et-le-poids-de-la-preuve

Hume lui-même écrit, juste après sa maxime pour l’expliciter :

« Quand quelqu’un me dit qu’il a vu un mort revenir à la vie, je considère immédiatement en moi-même s’il est plus probable que cette personne se trompe ou soit trompée, ou que le fait qu’elle relate ait réellement eu lieu. Je soupèse les deux miracles et selon la supériorité que je découvre, je rends ma décision et je rejette le plus grand miracle. Si la fausseté de son témoignage était plus miraculeuse que l’événement qu’elle relate, alors, et alors seulement, cette personne pourrait prétendre commander ma croyance et mon opinion. »

cortecs.org/materiel/la-maxime-de-hume-et-le-poids-de-la-preuve

Armer le jugement des autres

Comme on vient de le voir, il est fondamental pour bien appréhender le réel, et donc de manière plus générale pour bien analyser une information qui nous est donnée, de prendre conscience des faiblesses de notre esprit et de la facilité avec laquelle nous nous trompons et les autres nous trompent parfois en en toute bonne foi.

On l’a vu également la puissance des réseaux sociaux a permis la diffusion largement massive et quasi immédiate de toutes sortes de rumeurs, de toutes sortes de thèses, de toutes sortes de désinformations. Et, on le sent bien ces contre-vérités sont avec certitude un fléau pour notre démocratie : vote populiste, antimaçonnisme, perte de confiance dans les institutions, racisme, mais aussi danger pour la santé publique. Ces contre-vérités font le lit de tous les extrêmes. On pourrait croire qu’il suffit de rétablir la vérité en argumentant.

Malheureusement, « la quantité d’énergie nécessaire pour réfuter une idiotie est supérieure d’un ordre de grandeur à celle nécessaire pour la produire » . C’est une sorte de principe d’asymétrie dans l’argumentation : répandre une rumeur ou affirmer un fait sans preuve est rapide, surtout à l’ère d’Internet. Mais la réfutation nécessite beaucoup de temps, dix fois plus selon cette « loi » de Brandolini du nom de l’informaticien italien qui l’a énoncée pour la première fois en 2013.

Principe d’asymétrie des idioties ou loi de Brandolini sur wikipedia

Il faut donc déployer une énergie folle pour rétablir un fait. Il me semble qu’un des moyens pour faciliter cela est d’armer chaque esprit pour éviter que les contre-vérités n’y prennent racine.

Conclusion

La méthode que je viens de vous décrire est liée à ce qu’on appelle la zététique, du grec zetein, chercher examiner, percer la raison des choses. La zététique, dans son sens moderne est une méthode de doute et d’investigation scientifique des phénomènes étranges. La généralisation de la zététique à l’analyse des médias (télé, internet, journaux …) a conduit à la création d’une discipline plus large l’autodéfense intellectuelle, qui est enseignée à l’université. Il existe également de nombreuses chaines sur youtube (ou ailleurs, voir skeptikon) de vulgarisation de la méthode. L’analyse faite sur ces chaines porte souvent sur des phénomènes à prétention extraordinaire ou paranormal tels l’astrologie, l’homéopathie ou la liquéfaction du sang de Saint-Janvier. Mais elle porte également sur les médias, sur le traitement médiatique de la science, sur les affirmations politiques, sur les mouvements sociétaux.

L’application de cette méthode, ne permet jamais de donner une réponse définitive, ce qui est d’ailleurs conforme à la démarche scientifique, mais au moins permet-elle de prendre le recul nécessaire à une meilleure appréhension de l’information. Sans se laisser embarquer ni par le populisme, ni par le militantisme extrémiste, ni par les arnaqueurs. En prenant conscience des faiblesses de notre jugement et en armant notre réflexion, nous seront alors en mesure de devenir des hommes plus éclairés et en portant à la connaissance de nos semblables ces outils, peut-être parviendrons-nous à une humanité plus éclairée.

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